L'objet du mois - février 2017

Masque Ejumba

Collection d'Ethnologie

Masque Ejumba de quart profil (Collection MHNL)
Masque Ejumba de quart profil (Collection MHNL)
L'objet du mois de février 2017 est un masque ejumba, confectionné en fibres végétales et cornes de bovidé, datant de la seconde moitié du XIXème siècle. Il mesure environ 50 cm de haut sur 30 cm de large. Il provient de la population Diola, de Casamance, une région du Sénégal située au sud-ouest du pays.

C’est dans cette région, au cours d’un voyage entre 1853 et 1865, que le Général Louis Faidherbe le collecta. Il était vraisemblablement accompagné de son ami Bocandé, explorateur, homme d'affaires et administrateur colonial français. Ce dernier résida de 1849 à 1861 sur l’île de Carabane, connue comme étant le premier comptoir colonial français en Casamance.

Faidherbe, natif de Lille, fit don de ce masque à sa ville natale approximativement dans les années 1860. Cette oeuvre possède ainsi une importante valeur patrimoniale et historique.

Masque Ejumba de face (collection MHNL)
Masque Ejumba de face (collection MHNL)
Mi-humain, mi-bovidé, le masque ejumba est porté par les nouveaux initiés, uniquement au cours du bukut : un rite d’initiation qui se déroule à l’abri des regards dans la forêt sacrée et qui a pour but d'apprendre comment un groupe se structure en une société hiérarchisée, avec ses classes et ses castes, ses règles de fonctionnement, ses codes et ses symboles.

Ce masque zoomorphe rappelle que l'homme, comme l'animal, possède force, agressivité, endurance, lui permettant de vaincre les obstacles.

Il possède en outre une caractéristique qui le rend unique en son genre, celle d'être percé de quatre orifices représentant deux paires d'yeux. Ils indiqueraient l'acuité visuelle du porteur de ce masque et lui donneraient la possibilité de discerner dans l’obscurité les sorciers. Sur le plan symbolique, il peut être associé à la clairvoyance.

Enfin, le port du masque ejumba pendant le rituel autorisait tous les crimes possibles en toute impunité.