L'objet du mois d'avril 2020

L'objet du mois d’avril 2020 est une œuvre insolite et étonnante datant du 18ème siècle, provenant des îles de la Société et notamment de Tahiti, en Polynésie Française, dans le Pacifique Sud.   

Description

L'objet du mois d’avril 2020 est une œuvre insolite et étonnante datant du 18ème siècle.
Elle est confectionnée d’une enveloppe végétale en fibre de noix de coco recouvrant une armature de bois.
Des plumes rouges sont attachées à l’enveloppe sur un réseau de cordelettes tressées.
Elle mesure environ 45 cm de hauteur sur 8 cm de diamètre.
Elle provient des îles de la Société et notamment de Tahiti, en Polynésie Française, dans le Pacifique Sud.   

Le To'o

En forme d’épi de maïs sur lequel sont symbolisés des yeux, un nez, une bouche ou encore un nombril, cette figure anthropomorphique étrange est un to’o : un objet de culte.

Les to'o sont les représentations religieuses les plus sacrées à Tahiti et aux îles de la Société, ils sont censés contenir le pouvoir divin du tout puissant Oro, dieu de la guerre et de la fertilité.

La possession des to’o était réservée à certains personnages de très haut rang, elle leur conférait prestige et pouvoir. Ces figurines sacrées étaient conservées et protégées la plupart du temps dans le marae, lieu de culte. Elles étaient dévoilées et utilisées à l’occasion d’importantes cérémonies religieuses.

Les plumes rouges

Il est important de noter la présence de nombreuses plumes rouges sur cet objet. Dans la tradition polynésienne ces dernières étaient considérées comme sacrées et représentaient le bien le plus précieux. En portant ces plumes au cours de grandes cérémonies, les grands chefs s’identifiaient aux dieux. Les prêtres, quant à eux, y puisaient le mana : la puissance des divinités. Très rares sont les to’o ayant conservé leurs plumes comme celui présenté ici.

Nous avons aussi connaissance, à l’heure actuelle, que de 4 to’o répertoriés dans les musées en France : 3 sont conservés au sein de notre institution, 1 au musée du Quai Branly à Paris.

Ce to’o, ainsi que d’autres œuvres polynésiennes exceptionnelles, font actuellement l’objet d’un projet d’exposition et de recherche scientifique qui verra le jour, au musée du quai Branly, en février 2021.