L'objet du mois de novembre 2020

Tous les deux ans, le mois de novembre met à l'honneur la photographie. Découvrez le fonds photographique du musée !

Retracez les tous premiers pas de la photographie !

Découvrez :

  • La technique de l'héliographie : Cardinal d'Amboise, héliographie, Nicéphore Nièpce, positif, 1826
  • La technique du daguerréotype : Vue de l'ancien palais de justice de Lille, 1840
  • La technique du calotype : Vue du temple d’Amon, Egypte,1858, F. J. É de Campigneulles

Le premier procédé photographique appelé héliographie (« écriture par le soleil » en grec) est inventé par Nicéphore Nièpce vers 1824. Les images sont obtenues avec du bitume de Judée (pigment organique, hydrocarbure de la famille du pétrole). Celui-ci, employé très fréquemment par les peintres au début du XIXème siècle, est étalé sur une plaque d’argent après un temps de pose de plusieurs heures. En 1829, Nièpce associe Louis Jaque Mandé Daguerre à ses recherches.  

Le mot « photographie », « écriture par la lumière » apparaît un peu plus tard, à partir des années 1830.  

Nièpce meurt en 1833. Daguerre continue seul les travaux et donne son nom, en 1838, au daguerréotype, premier procédé comportant une étape de développement. Une plaque d’argent recouverte d’une fine couche d’iodure d’argent est exposée dans la chambre obscure puis soumise à des vapeurs de mercure qui provoquent l’apparition de l’image latente invisible formée au cours de l’exposition à la lumière. Le temps de pose ne dépasse pas 30 minutes. Le fixage est obtenu par immersion dans de l’eau saturée de sel marin. 

En France, cette nouvelle technologie est parfois mal accueillie, surtout par les peintres qui y voient une menace pour leur art. Le poète et critique d’art Charles Baudelaire voit dans la photographie la manifestation du narcissisme de la société moderne : « La société immonde s’est précipitée comme un seul Narcisse pour contempler son image banale sur le métal ». Aucun doute, il aurait détesté les selfies ! 

En 1841, William Henry Fox Talbot brevète le calotype (« belle image » en grec), premier procédé négatif/positif qui permet la multiplication d’une même image. 

Vous souhaitez en savoir plus ? 

Le musée possède un fonds de photographies anciennes riche de près de 4000 pièces. Il retrace l’histoire des techniques en photographie de 1826 à la Première Guerre mondiale. Il a été constitué en 3 temps : un don de Louis Désiré Blanquart-Évrard (1802-1872) en 1870 ; un achat conséquent en 1952 auprès d’Henri Fontan (1882-1978) réalisé dans la perspective d’une exposition commémorative en hommage à Blanquart-Évrard et différents achats jusqu’en 2009.

Figure emblématique des premières années de l'histoire de la photographie, L. D. Blanquart-Evrard, natif de Lille, joue un rôle notable dans l'histoire de ce nouveau procédé en lui apportant différentes améliorations techniques. La création de "l'Imprimerie Photographique" à Loos-lez-Lille (1851-1855) est un événement majeur et aussi la mieux connue de ses réalisations.

Son esprit scientifique et clairvoyant l'incite, par ailleurs, à collecter des pièces illustrant les diverses recherches menées par ses contemporains sur la photographie. En 1870, peu avant sa mort, il offre, en tant que président de la Société des Sciences, de l'Agriculture et des Arts de Lille, ce précieux matériel au musée Industriel de Lille, collections aujourd’hui conservées au musée d’histoire naturelle de Lille. Constitué de photographies réalisées par lui-même et de sa collecte ainsi que de divers appareils, ce fonds représente aujourd'hui un témoignage précieux sur les premières années de la photographie, des héliographies de Nicéphore Niepce aux expérimentations sur la couleur.

Une partie de ce fonds sera présentée, en 2022, à l’Institut de la Photographie de Lille.