L'objet du mois d'octobre 2018

Ce mois-ci, coup de projecteur sur un objet de la collection d'ethnographie et plus particulièrement sur le masque Egungun !
Affrique. Dimensions : 1.70 mètre de hauteur, 60 cm de largeur, 50 cm de profondeur. XXème siècle

Ce masque conservé au Musée d’histoire naturelle provient d’Afrique (Nigeria – Bénin) du peuple Yoruba.

Le terme egungun  est employé par les yoruba pour faire référence aux ancêtres, plus précisément aux esprits revenants dans le monde des mortels. Seuls des hommes avertis ont la possibilité d'être initiés à leur mystère pour ensuite intégrer la société secrète Egungun.

Les masques egungun sont utilisés lors d’un culte célébré pour rendre hommage aux morts.

Par ce culte des egungun, on va demander aux défunts la paix et le bien-être.
Les masques vont donc sortir lors d’occasions précises : mariages, naissances, baptêmes, décès, ou même lors de l'inauguration d'une maison ou de grandes sorties saisonnières.

Ils sont toujours richement ornementés d'étoffes très colorées. Les costumes sont confectionnés dans de précieux tissus ornés de perles et paillettes. Ils sont décorés par divers motifs représentant des animaux (oiseaux, poissons, éléphants), ou encore étoiles, soleil, lune...  Toutes les parties du costume sont de véritables merveilles, ayant nécessité de nombreuses heures de confection.

Ils sont réalisées par des brodeurs et tisserands "agréés" et qui sont obligatoirement membres de la société Egungun.

Ils dansent sur le rythme d'un tambour  joué pour Ogbon, le dieu du tonnerre qui fait danser l’âme des défunts.  

Cette danse est souvent ponctuée de courses poursuites entre le porteur du masque et les spectateurs. Des initiés utilisent une longue baguette pour empêcher les egungun d'entrer en contact physique avec les spectateurs car, originellement, le pagne de l’egungun ne doit pas toucher un vivant : si cela se produit le vivant pourrait en mourir.

Par leur danse majestueuse pendant laquelle tous les panneaux du costume s'écartent et volent, ils invitent les ancêtres à être présents parmi les humains. De nos jours, ces rituels des revenants perdurent et s'ils sont des spectacles, ils gardent leur caractère religieux.

Ils sont désacralisés avant de pouvoir  être revendus : tel est le cas du masque Egungun du musée d’histoire naturelle de Lille, acquit, en 2008, lors d’une campagne d’enrichissement de ses collections ethnographiques