L'objet du mois - juillet 2014

Momie égyptienne

Collection d'Ethnologie

L'objet du mois de juillet 2014 est une momie égyptienne datant de la 18ème Dynastie. L'individu, de sexe masculin, mesure environ 1m 47. Son corps momifié a été mis à jour sur le site du Fayoum et envoyé à Lille dans la seconde moitié du XIXème siècle. Les premières momifications datent du début de la 3ème Dynastie (2500 avant J-C).

La momie débandelettée présentée ici est plus tardive. Sa datation est encore difficile à établir mais la qualité de son embaumement et le type d’incision abdominale verticale sur le côté gauche laissent à penser qu’elle pourrait dater de la 18ème Dynastie (1550 / 1295 avant J-C). Une datation au carbone 14 serait néanmoins nécessaire pour confirmer cette hypothèse.

L’embaument, exécuté par un prêtre-embaumeur selon un rituel très précis, semble avoir été réalisé de façon complète, tel que décrit par Hérodote : on a d’abord procédé à une extraction du cerveau par les narines à l’aide d’un outil en fer recourbé et de substances injectées dans le crâne ; arrive ensuite l’éviscération : on effectuait, à l’aide d’une pierre tranchante, une incision pour extraire les intestins qui étaient nettoyés et purifiés. Puis l’abdomen était rempli de diverses substances végétales, comme par exemple, de la myrrhe pure broyée, de la cannelle et autres aromates ; il pouvait ensuite être recousu. Après ces différents traitements, le corps était finalement plongé dans le sel de natron pendant une période d’environ 70 jours puis lavé. Enfin il était enveloppé de bandes de textile de lin fixées par de la gomme.

A la fin du rituel, la famille pouvait récupérer le corps, et le déposer dans un sarcophage lui même placé dans une tombe, qui, selon la tradition, devenait la demeure d’éternité du défunt. Les 5 momies présentées et conservées au Musée d’Histoire Naturelle ont quitté temporairement leur enceinte le samedi 14 juin, le temps d’être scannées par le service de neuro-radiologie du CHR de Lille.

Cette opération a pu être effectuée grâce à la collaboration et au soutien de l’Institut de Taphonomie Médico-légale.