Dans le cadre du projet de rénovation du musée, une attention particulière est portée à la conservation des collections. Ce travail consiste notamment à bien coordonner les déménagements, organiser les réserves, surveiller leur climat, observer les objets pour identifier toute forme de détérioration ou d’infestation, y compris pendant la période de chantier.
Les infestations d’insectes
Il arrive que les collections soient confrontées à des infestations, c’est-à-dire qu’elles soient attaquées par des insectes se nourrissant des matériaux qui les composent.
Les espèces les plus fréquemment rencontrées sont :
Vrillettes
Capricornes
Lyctus
Anthrènes
Ténébrions
Ces nuisibles attaquent principalement les matériaux organiques tels que le bois, les textiles, ainsi que les collections zoologiques, …
Le principe de l’anoxie
Pour traiter ce type d’infestation, l’une des méthodes utilisées est l’anoxie. Il s’agit d’une technique de désinsectisation employée en conservation préventive du patrimoine, permettant d’éliminer les insectes à tous les stades de leur développement (œufs, larves et adultes), sans avoir recours à des produits chimiques.
L’anoxie consiste à priver les insectes d’oxygène pendant une durée suffisamment longue pour provoquer leur mort. Le régisseur place l’objet dans une atmosphère contrôlée, très pauvre en oxygène (généralement inférieure à 0,1 %), l’air étant remplacé par un gaz inerte.
Un problème, 2 techniques d’anoxie.
Il existe deux façons de réaliser un traitement par anoxie :
L’anoxie statique
L’anoxie dite « statique » qui consiste à placer l’objet dans une enveloppe parfaitement étanche contenant des absorbeurs d’oxygène. Ces sachets sont composés principalement de poudre de fer, qui réagit avec l’oxygène pour former de l’oxyde de fer, retirant ainsi l’oxygène de l’environnement clos. Cette méthode simple est souvent utilisée pour traiter des objets isolés ou de petits ensembles.
L’anoxie dynamique
L’anoxie dite « dynamique » quant à elle, repose sur l’injection continue d’un gaz inerte, le plus souvent de l’azote, dans une enceinte étanche. L’atmosphère est ainsi contrôlée en permanence, ce qui permet de faire baisser rapidement le taux d’oxygène et de maintenir des conditions stables. Cette technique est généralement privilégiée pour traiter de plus grandes quantités d’objets.
Déroulement du traitement de l’anoxie
Qu’il soit dynamique ou statique, le traitement par anoxie se déroule de la même manière et en plusieurs étapes :
1. Conditionnement
L’objet est placé dans une enceinte étanche (bulle souple, sac barrière ou chambre rigide). Une attention particulière est portée à la compatibilité des matériaux, notamment leur fragilité et leur hygroscopicité.
2. Abaissement du taux d’oxygène
L’air est évacué puis remplacé par le gaz inerte. Le taux d’oxygène est progressivement abaissé jusqu’à atteindre 0,1%
3. Traitement
La durée moyenne du traitement est comprise entre 2 et 6 semaines. Pour que le cycle fonctionne, la température doit être maintenue entre 20 et 25 °C, avec une humidité relative comprise entre 40 et 60 %.
4. Retour à l’air ambiant
L’air est réintroduit progressivement afin d’éviter les chocs hygrométriques.
Les Objets concernés
La désinsectisation par anoxie est adaptée à de nombreux matériaux :
Bois (mobilier, sculptures, charpentes)
Papier, livres, archives
Textiles et cuirs
Objets composites
Œuvres ethnographiques
Collection Zoologique
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La désinsectisation par anoxie au Musée
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